
Une fusée argentée s’élance vers le ciel c comme si elle voulait s’arracher au stylobate de pierre qui la porte. Sur ce dernier, des bas-reliefs représentent ingénieurs, constructeurs, ouvriers, cosmonautes — c’est à eux, les conquérants de l’espace, que ce monument a été érigé. Derrière les portes vitrées ménagées dans le stylobate s’ouvre un espace où l’on raconte l’histoire des engins volants qui, un jour, ont vaincu l’attraction terrestre pour emmener leurs pilotes dans l’immensité étoilée. C’est le Musée de l’astronautique de Moscou.

Les Archives d’État russes pour la documentation scientifique et technique conservent une lettre de 1961 demandant la création d’un musée dédié aux conquérants de l’espace. Elle a été signée par les membres du premier groupe de cosmonautes soviétiques : Youri Gagarine, Guerman Titov, Andrian Nikolaïev et Pavel Popovitch. Les travaux de création du musée ont été supervisés par Sergueï Korolev, le concepteur en chef des systèmes de fusées et d’engins spatiaux de l’URSS. Le monument a été inauguré le 4 octobre 1964, septième anniversaire du lancement du premier satellite. Quant au Musée de l’astronautique, il a ouvert ses portes le 12 avril 1981, vingtième anniversaire du vol de Gagarine.
Selon Tatiana Gevorkian, responsable du département scientifique des expositions au Musée de l’astronautique et épouse du cosmonaute Vladimir Djanibekov, les entreprises du secteur soviétique des fusées et de l’espace ont aidé le musée dès ses premiers jours. Des pièces uniques — tel fut leur don. Une autre source d’enrichissement des collections a été constituée par les objets personnels transmis au musée par les cosmonautes, les concepteurs et les ingénieurs.
L’aube de l’ère spatiale


Des reflets mauves et bleutés mettent en valeur la majestueuse silhouette du cosmonaute, qui brille d’un éclat doré et accueille les visiteurs dans la première salle du musée. Sur le mur de droite, un lexique de l’espace aide à ne pas se perdre parmi les termes techniques. À gauche, on peut lire ces mots du cosmonaute Vladimir Djanibekov : « Mets en doute et crois ! — cette formule ne figure dans aucun manuel, mais sans elle aucun problème de la vie ne peut être résolu. Mets en doute que toutes les îles, toutes les étoiles et toutes les lois aient déjà été découvertes. Et crois qu’il t’incombe de les découvrir. »
De part et d’autre du cosmonaute doré se trouvent des vitrines contenant des documents. Ici repose une feuille sur laquelle Tsiolkovski a lui-même écrit sa formule. Établie par le scientifique dès 1897, cette formule permet de calculer la vitesse qu’un engin volant atteint sous l’effet de la poussée d’un moteur-fusée. Ce principe fut ensuite utilisé pour concevoir les moteurs de la fusée qui plaça sur orbite le premier satellite terrestre. Dans ses livres et articles, qui semblaient relever de la science-fiction au début du XXe siècle, Tsiolkovski avançait l’idée que l’espace interplanétaire serait exploré au moyen de stations orbitales. De nombreux concepteurs, ingénieurs et pilotes ont reconnu que c’est leur passion pour la théorie de Tsiolkovski qui les avait conduits vers l’astronautique.
Des objets modestes, exposés dans la vitrine voisine, sont en réalité la preuve du niveau éminent atteint par l’école soviétique d’ingénierie et de conception. Les ordinateurs puissants n’existaient pas encore ; les vaisseaux spatiaux qui ont survolé la Terre, atteint la Lune, Mars et Vénus ont été conçus à l’aide d’un simple compas d’architecture et d’une machine à calculer mécanique — l’arithmomètre « Félix ». Les calculs s’effectuaient au moyen d’une simple règle à calcul logarithmique.


Le 13 mai 1946, le Conseil des ministres de l’URSS adopta un décret relatif à la création d’un armement à réaction et à l’organisation de travaux de recherche et d’expérimentation dans ce domaine. Dès 1957, l’URSS avait mis au point un véritable missile balistique intercontinental à deux étages, le R-7. La « Sept » (surnom du R-7) passa avec succès cinq essais, après quoi il fut décidé de lancer le premier satellite artificiel dans l’espace. Et le 4 octobre 1957, l’engin spatial Spoutnik‑1 fut placé en orbite. Aujourd’hui, cette sphère métallique pourvue d’antennes est l’une des pièces maîtresses de la première salle. L’exemplaire conservé par le musée en est la réplique technique.
Laïka, Belka et Strelka
L’histoire du deuxième satellite artificiel est une histoire triste. C’est à son bord, en novembre 1957, qu’une chienne nommée Laïka s’envola vers l’espace ; sa photographie repose aujourd’hui dans une vitrine. Le vol de Laïka fut conçu d’emblée comme un aller sans retour : les satellites ne reviennent pas de l’espace.



Dans cette expérience d’une rigueur extrême, les scientifiques devaient découvrir ce qu’il advient d’un être vivant placé en orbite. On supposait alors que l’impesanteur affectait négativement l’organisme des mammifères. Laïka prouva qu’il n’en était rien – mais elle paya cette démonstration de sa vie : la chienne périt dès la septième heure du vol, victime d’une surchauffe de la cabine. Les résultats de l’expérience furent pris en compte, et l’on introduisit dans la conception des satellites les fameux boucliers thermiques, ces dispositifs qui permettent aux vaisseaux spatiaux de se refroidir et de revenir sur Terre.
L’étape suivante – l’envoi d’un être humain dans l’espace – fut préparée avec une persévérance et une patience infinies. Il fallait d’abord concevoir un vaisseau spatial capable de regagner la Terre. Le lancement d’essai le plus célèbre demeure celui des chiennes Belka et Strelka, le 19 août 1960.
Les deux chiennes astronautes passèrent vingt-cinq heures en orbite, accomplissant dix-sept révolutions autour de la Terre. Belka et Strelka n’étaient pourtant pas les seuls êtres vivants à bord du vaisseau spatial Spoutnik‑5 : douze souris de laboratoire, deux rats, un conteneur d’insectes les accompagnaient. Tous furent envoyés dans l’espace afin que l’on pût étudier, après leur retour sur Terre, les modifications survenues dans leur organisme à la suite de ce séjour en impesanteur. Les recherches montrèrent qu’aucune dégradation musculaire ne se produisait chez les chiens, contrairement à ce que l’on avait d’abord redouté. De retour de l’espace, Belka et Strelka vécurent une longue et heureuse vie. Après leur mort, leurs dépouilles naturalisées vinrent prendre place dans l’exposition du Musée de l’astronautique. Elles siègent là, à jamais, ces deux grandes chiennes de race commune.
Le premier homme

Avant le vol de Gagarine, sept lancements d’essai avec des chiens furent effectués, et seulement trois d’entre eux furent couronnés de succès. Telle était la condition imposée par Korolev : il ne donnerait son feu vert pour le vol habité qu’après trois essais réussis. Après Belka et Strelka, les chiennes Tchernouchka et Zviozdotchka allèrent à leur tour dans l’espace, l’une après l’autre. Elles y testèrent la future trajectoire de vol.


Le Musée de l’astronautique conserve un document d’un grand intérêt : le cardiogramme du cœur de Gagarine, enregistré le soir précédant son vol. Le second tracé, en partant du haut, montre l’activité d’un accéléromètre. On y voit que le cardiogramme a été pris au moment d’un effort physique soutenu, alors que Gagarine pédalait sur un vélo d’appartement ou courait sur un tapis roulant. Or sa fréquence cardiaque n’avait pratiquement pas varié – Gagarine était d’un calme absolu.
Le premier vol de Gagarine à bord du Vostok‑1 ne dura que cent six minutes. La sphère noire du module de descente, avec sa combinaison spatiale orange, se dresse aujourd’hui encore dans la salle du Musée de l’astronautique. Après l’atterrissage, le module calciné du Vostok‑1 fut emmené à Podlipki, dans la banlieue de Moscou, au bureau d’études OKB‑1. Il devint plus tard la pièce maîtresse du musée de la société RKK Energuia — issue de l’OKB‑1 — où il se trouve encore aujourd’hui. Le Musée de l’astronautique conserve quant à lui la partie intérieure authentique du vaisseau spatial ; l’enveloppe extérieure a été remplacée par une copie.
Un blindage mince


Les combinaisons spatiales sont des pièces incontournables du Musée de l’astronautique. Voici le double technologique de la combinaison de Gagarine : la partie extérieure de l’originale est conservée à l’entreprise « Zvezda » qui l’a créée, tandis que la partie intérieure se trouve au musée de la Cité des Étoiles. La combinaison d’entraînement d’Alexeï Arkhipovitch Leonov, le « Berkout » immaculé, se dresse dans la vitrine voisine. L’original dans lequel Leonov effectua sa sortie dans l’espace a brûlé. Voici pourquoi : lors du retour sur Terre du vaisseau spatial Voskhod‑2 à bord duquel Pavel Belaïev et Alexeï Leonov s’étaient envolés le 18 mars 1965, le système d’atterrissage automatique tomba en panne. Pour la première fois dans l’histoire, les cosmonautes durent piloter le vaisseau manuellement. Ils se posèrent non pas sur le polygone préparé où les militaires et les médecins les attendaient, mais dans les forêts de Perm, près du village de Berezovka. Le printemps était précoce ; pour se réchauffer, les cosmonautes brûlèrent tout ce qui pouvait brûler, y compris leurs propres combinaisons.

Alexeï Leonov fut le premier homme à sortir dans l’espace. Sous l’effet de la pression interne, sa combinaison se mit à gonfler, se transformant en un ballon encombrant. Dans ces conditions, pour plier le bras, Leonov devait fournir un effort de vingt-cinq kilos. Une telle charge l’empêchait d’accomplir le programme scientifique prévu. De surcroît, il apparut que la combinaison gênait le retour du cosmonaute à bord du vaisseau. La structure souple du sas était fermée par un petit sas de soixante-dix centimètres. Il aurait été difficile de se faufiler dans ce « terrier » même sans scaphandre. Les réserves d’oxygène du cosmonaute étaient limitées. Au prix d’un effort incroyable, Leonov parvint à diminuer la pression dans sa combinaison, à en réduire le volume et à regagner le vaisseau. Lorsqu’enfin il se retrouva dans le sas, son pouls atteignait cent quatre-vingts battements par minute et sa température corporelle approchait les trente-neuf degrés.
Une telle série de défaillances entraîna l’interruption des vols à bord du Voskhod. À partir d’avril 1967, les cosmonautes « montèrent » à bord du vaisseau Soyouz.

Près de la porte de la salle suivante se dresse un appareil massif, semblable à une armoire métallique. Il s’agit de l’unique appareil photo longue focale « Agat‑1 ». Utilisé à bord des stations orbitales des séries Saliout‑2, Saliout‑3 et Saliout‑5, il permettait de réaliser des photographies de haute qualité depuis l’orbite basse terrestre. C’est l’un des plus grands appareils photo argentiques jamais utilisés dans l’espace : sa hauteur atteint quatre mètres vingt centimètres. Chaque fois, il fallait orienter manuellement l’« Agat », qui pesait vingt-cinq tonnes, ce qui exigeait la présence d’au moins deux cosmonautes dans l’espace.
À côté de ces machines imposantes, on pourrait bien ne pas remarquer la bouteille de champagne du vigneron français Henri Maire. Un jour, à l’ambassade soviétique, Maire fit un pari : il affirma que l’homme ne verrait jamais la face cachée de la Lune et qu’il offrirait mille bouteilles de son champagne à celui qui y parviendrait. Le Français perdit son pari : en 1959, le satellite soviétique Luna‑3 contourna la Lune et photographia la partie orientale de l’hémisphère lunaire, invisible depuis la Terre. Maire expédia le champagne en URSS. Ne sachant à qui le remettre, on envoya les bouteilles à l’Académie des sciences. L’académicien Mstislav Keldych, destinataire officiel du colis, distribua le champagne à tous les participants du programme spatial. Une part substantielle du cadeau revint à Sergueï Korolev, qui offrit le vin à ses collaborateurs. Au final, sur les mille bouteilles envoyées, une seule fut préservée.
Les créateurs de l’ère spatiale


C’est ainsi que s’intitule une autre salle du musée, consacrée aux hommes grâce auxquels les fusées et les vaisseaux spatiaux virent le jour. Voici, sur une photographie, le regard fatigué d’un homme en uniforme militaire : il s’agit de Gueorgui Langemak. La vitrine est dédiée à deux organismes scientifiques dont les développements rendirent plus tard possible l’exploration spatiale : le Laboratoire de dynamique des gaz de Léningrad et le Groupe d’étude de la propulsion par réaction (GIRD) de Moscou. En 1933, ils furent fusionnés au sein de l’Institut de recherche scientifique sur la propulsion par réaction. Mais en 1937, les directeurs de l’institut, Ivan Kleïmenov et Gueorgui Langemak, furent arrêtés, puis fusillés en janvier 1938. Ce n’est qu’en 1955 que ces concepteurs furent réhabilités, et en 1991 ils reçurent à titre posthume le titre de Héros du Travail socialiste pour leurs travaux sur les principes de la légendaire « Katyusha ».

Six vitrines distinctes sont consacrées à une autre légende : le « sextuor d’or » des concepteurs soviétiques.
Sergueï Korolev fut non seulement le concepteur en chef des vaisseaux spatiaux, mais aussi un dirigeant d’exception. Il parvint à créer en URSS un véritable empire de la construction de fusées. Valentin Glouchko est connu comme l’auteur du moteur-fusée le plus puissant de l’histoire de l’humanité fonctionnant au carburant liquide. Vladimir Barmine conçut des lanceurs de missiles, des complexes de lancement spatiaux et militaires. Les trois autres vitrines sont dédiées à Mikhaïl Riazanski, Nikolaï Piliouguine et Nikolaï Kouznetsov. Riazanski travailla sur les radiocommunications spatiales. Piliouguine se spécialisa dans la création des systèmes de contrôle de la fusée R‑7, qui plaça sur orbite le premier Spoutnik et le premier cosmonaute. Il dirigea également le développement des systèmes de contrôle de nombreuses stations interplanétaires, des fusées Proton et de la navette spatiale soviétique Bourane. Nikolaï Kouznetsov œuvra à la conception de moteurs-fusées.
Dans l’une des vitrines repose l’insigne d’ancien élève de l’Institut polytechnique de Riga ayant appartenu à l’un des pères de la première fusée soviétique à carburant liquide, Friedrich Zander. Il manque à cet insigne l’élément central argenté : il fut fondu pour récupérer le métal. Les scientifiques et concepteurs du GIRD étaient si passionnés par la fabrication de maquettes de fusées qu’ils apportaient de chez eux les métaux nécessaires à la réalisation des prototypes, y compris de l’argent. Zander offrit son insigne d’étudiant en argent.
Un foyer cosmique en orbite


Dans la section suivante du musée est présenté un fragment du vaisseau spatial Soyouz. Sa partie supérieure est le compartiment orbital ; sa partie inférieure, le module de descente. Le revêtement de la pièce exposée est légèrement brûlé – signe que l’appareil a voyagé dans l’espace.

Bien plus spacieuse qu’un vaisseau spatial, la station orbitale, où les cosmonautes vivent et travaillent pendant des mois. Dans la salle se dresse une maquette du bloc de base de la station orbitale Mir ; à la contempler, on comprend à quoi ressemble « un foyer cosmique en orbite ». Actuellement, le module principal du segment russe à bord de la Station spatiale internationale est Zvezda. Cette maquette en reproduit fidèlement l’intérieur. On y trouve un couchage, des toilettes, un tapis roulant, une cuisine. On peut voir à quoi ressemblaient jadis les sièges spatiaux – on s’y tenait comme à cheval. On ne les utilise plus aujourd’hui, car il a été décidé qu’il était plus simple de rester debout, harnaché.
Sur le mur est fixé un bloc d’alimentation – il permet de brancher les appareils nécessaires et de mener des expériences. Près du mur se trouve un aquarium : jadis, de petits poissons, des guppys, vivaient à bord de la station. Il faut dire que cela ne finit guère bien pour eux. Ils s’adaptèrent aux conditions spatiales, mais leur vessie natatoire, qui régule l’absorption d’air et la profondeur de nage, s’atrophia. De retour sur Terre après leur séjour dans l’espace, les guppys… se noyèrent tout simplement.
La conquête de Vénus


Les vaisseaux habités interplanétaires ne sont pas une spécialité de la cosmonautique russe. Pourtant, c’est bien en URSS que furent créées les premières stations lunaires : le premier engin à roues téléguidé de l’histoire, Loukhod‑1, se tapit dans la salle du musée. Loukhod‑1 était, pour l’essentiel, un « appareil photo sur roues » : il devait enregistrer tout ce qui se passait sur le satellite terrestre et en étudier le sol.
Loukhod‑1 s’envola vers la Lune en novembre 1970 ; en janvier 1973, Loukhod‑2 se posa à son tour sur le satellite terrestre ; en 1977, on prévoyait le lancement de Loukhod‑3, mais celui-ci n’eut jamais lieu. La dernière station automatique interplanétaire soviétique consacrée à l’étude du satellite terrestre s’appelait Luna‑24 ; elle fut lancée depuis Baïkonour en août 1976. Un échantillon de sol lunaire est également conservé au musée.


L’expédition vers Vénus fut l’un des programmes les plus fructueux de l’Union soviétique. On peut considérer les vols des vaisseaux Venera‑2 et Venera‑3 comme un premier succès. Ils ne purent transmettre de données sur Vénus elle-même, mais ils fournirent des informations scientifiques sur l’espace et l’environnement circumplanétaire, permettant d’étudier les champs magnétiques, les rayons cosmiques, les flux de particules chargées de faible énergie et le plasma solaire. Venera‑4 transmit le premier signal depuis l’atmosphère vénusienne. On découvrit alors que la pression sur la planète était dix fois plus élevée que prévu. Les données envoyées par ces appareils permirent de concevoir Venera‑10 – une station qui se posa sur Vénus en 1975, supportant une pression de cent atmosphères et une température de cinq cents degrés. Par la suite, les appareils furent tellement perfectionnés que Venera‑13 et Venera‑14, lancées en 1981, apprirent à photographier et à transmettre des clichés.
L’URSS fut la première à explorer Vénus ; en revanche, le programme martien soviétique ne connut pas le même succès. Mais il eut tout de même ses victoires. Le premier atterrissage en douceur sur Mars fut accompli en 1971 par la station interplanétaire Mars‑3 – on peut voir au musée son double technologique. Elle ne fonctionna sur la planète que quatorze secondes. Vinrent ensuite les stations Mars‑4, Mars‑5, Mars‑6, Mars‑7, mais il s’agissait d’orbiteurs. Les modules qu’elles larguaient s’écrasaient à la surface de la planète. Les tentatives russes, après la dislocation de l’URSS, pour atteindre Mars furent infructueuses : ni la première, ni la seconde station du projet Phobos‑Grunt ne purent quitter l’orbite terrestre basse.

En revanche, la Russie reste puissante dans le domaine de la cosmonautique habitée – elle a créé l’un des lanceurs les plus puissants du monde, Proton, et a placé en orbite la Station spatiale internationale. Un projet prometteur, lancé dans les années 1980 et abandonné dans les années 1990, fut celui du lanceur Energuia, qui plaça en orbite le vaisseau spatial habité Bourane.
Aujourd’hui, plus de trente pays possèdent leurs propres programmes spatiaux, mais les pièces exposées au Musée de l’astronautique ne laisseront personne oublier que le premier pas vers l’espace depuis la planète Terre a été fait par un Russe.
Traduit par Catherine Tsareva

