Rubén Darío Flórez

De la rencontre avec Koutouzov aux rails de la BAM

Épris de littérature et de culture russes, le professeur colombien Rubén Darío Flores Arcila s’est révélé, sans surprise, un interlocuteur captivant et plein d’enthousiasme.

Rubén Darío Flórez
Rubén Darío Flórez. Photo: Andrei Semashko

Notre rencontre avec Rubén Darío Flórez Arcila remonte à la dernière Assemblée du Monde russe à Moscou. À l’occasion du 80e anniversaire de l’Institut de la culture russe Léon Tolstoï de Bogota, qu’il préside, et en reconnaissance de sa contribution à la diffusion de la langue russe en République de Colombie, la fondation « Russkyi mir » lui a décerné sa médaille et son diplôme. C’est ainsi qu’a rejoint l’estrade un homme élancé aux yeux noisette, dont l’épaisse chevelure brune laissait apparaître quelques fils d’argent. Président de l’Institut Léon Tolstoï, maître de conférences à l’Université nationale de Colombie, homme de lettres, poète et traducteur, Rubén Darío Flórez Arcila a donné une version espagnole du célèbre roman en vers de Pouchkine, « Eugène Onéguine », avant de révéler aux amateurs de poésie de Colombie, d’Argentine, du Mexique, d’Espagne et du Chili les voix d’Akhmatova, Pasternak et Tarkovski. Épris de la culture russe, ce professeur colombien s’est révélé, sans surprise, un interlocuteur captivant et plein d’enthousiasme.

— Monsieur Arcila, comment et quand avez-vous découvert la littérature russe ?

— Ma première approche de la littérature russe remonte à ma lecture de « Guerre et Paix ». Mon père possédait une bibliothèque assez grande et, un soir, je suis tombé par hasard sur un volume à la couverture de cuir rouge. Sur la tranche, une inscription dorée proclamait : « Œuvres complètes du comte Léon Tolstoï, traduction espagnole ». Ce fut ma première immersion dans le monde complexe et magnifique du roman classique russe.

Dans le livre, le personnage de Mikhaïl Koutouzov a particulièrement éveillé ma curiosité. Ne sachant rien de ce célèbre commandant en chef, j’ai cherché des informations dans notre encyclopédie : une excellente édition française en espagnol, très réputée en Colombie. À ma grande surprise, Koutouzov n’y figurait pas ! Les auteurs de cette encyclopédie en plusieurs volumes avaient tout simplement fait l’impasse sur son existence, ce qui m’a paru pour le moins étrange. Ainsi, ma première découverte de la littérature russe s’est accompagnée d’une première prise de conscience des stéréotypes que l’Europe occidentale n’a cessé de produire et d’entretenir à l’égard de la Russie. À l’époque, je ne savais encore rien de l’opposition entre les élites occidentales et le peuple russe. Une question s’est néanmoins imposée à moi : comment se fait-il qu’un dictionnaire, qui accorde une large place aux grandes figures de France, d’Espagne, de Grande-Bretagne ou d’Amérique, ignore totalement un personnage historique aussi important que Koutouzov ?

Quant au roman lui-même, il m’a littéralement envoûté. C’était comme si j’étais moi-même devenu une partie du monde que le texte de Tolstoï créait : j’observais le déroulement de la bataille de Borodino, j’écoutais les débats du fameux conseil de guerre tenu à Fili, je voyais les habitants quitter Moscou, j’étais témoin de l’incendie de la ville… Et les personnages eux-mêmes étaient d’une présence si forte qu’ils en devenaient réels à mes yeux.

Je reste convaincu qu’il n’existe pas, dans toute la littérature mondiale, de conteur réaliste plus talentueux que Léon Tolstoï. Je n’ai retrouvé chez aucun autre écrivain cette magie, cet art suprême de rendre la vie avec une telle authenticité. Je mesure bien que cette position est souvent critiquée. Beaucoup affirment que la littérature n’est qu’un jeu de langage, un monde imaginé, une construction qui ne saurait se substituer au réel. Vladimir Nabokov, d’ailleurs, défendait avec ardeur cette thèse. Il considérait qu’une immersion trop profonde du lecteur, incapable alors de prendre ses distances avec le récit, appauvrissait l’« expérience » du texte littéraire. Mais je partage la conception des philosophes de la Grèce antique, qui soulignaient l’étroite interdépendance de la personne et du langage. Car la langue, par les images qu’elle éveille dans notre esprit, agit sur l’homme, façonne son caractère, forge ses convictions et construit sa vision du monde. Sans langue, point de personne – et réciproquement. Léon Tolstoï, par la puissance de son talent, a su démontrer que le logos – le « verbe » en grec – est de même essence que la vie, de même essence que l’homme. Le don de Tolstoï, c’est cette capacité à décrire un phénomène de telle manière que vous le percevez comme une réalité, que ce soit une bataille ou la vie quotidienne. Les impressions de ma première lecture de « Guerre et Paix » ne m’ont jamais quitté.

— Pourquoi est-ce le personnage de Koutouzov qui a particulièrement attiré votre attention ?

— Le portrait de ce talentueux commandant russe est à la fois subtil et réaliste. Sous la plume de Tolstoï, il ne doit rien au héros guerrier de romance, bien que ce 
feld-maréchal tienne l’un des premiers rôles dans le plus grand conflit qu’ait connu l’Europe. Cette étonnante dualité chez Koutouzov – à la fois figure historique majeure et homme simple, étranger à tout vain pathos – m’a profondément impressionné.

C’est ainsi qu’à travers « Guerre et Paix », j’ai découvert l’univers de la culture russe. Il me semble que Tolstoï reste aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Prenez par exemple les réflexions de Napoléon contemplant les monuments de Moscou et rêvant de les remplacer par des édifices plus « civilisés ». N’est-ce pas le reflet de cette attitude générale des Européens envers les cultures des autres peuples, qu’on appellera plus tard le colonialisme ? Ce regard des élites d’Europe occidentale à l’égard de la Russie, nous pouvons en suivre la trace à travers les siècles.

— Vous avez donc découvert Tolstoï en traduction espagnole. Quel a été le premier ouvrage que vous ayez lu en russe ?

— C’était « Eugène Onéguine ».

— Un choix peu banal pour un étranger tout juste inscrit en faculté préparatoire à l’Université de l’Amitié des Peuples Patrice Lumumba…

— Je m’étais fixé pour objectif de lire « Eugène Onéguine » en russe. C’était un conseil de mes professeurs de russe, qui me recommandaient d’en lire un chapitre. Mais moi, j’ai décidé de lire l’œuvre entière. Muni de dictionnaires, dont celui d’Ojegov, j’ai lu un chapitre chaque jour. Je notais chaque mot inconnu sur une fiche séparée, avec sa définition du dictionnaire et sa traduction en espagnol. Quand j’ai terminé le roman, je possédais mon propre catalogue de tous les mots russes inconnus du roman, avec leur traduction en espagnol et leurs définitions en russe tirées du dictionnaire. Ensuite, j’ai relu « Eugène Onéguine » sans avoir recours au dictionnaire, en consultant simplement mes fiches.

Beaucoup de philologues ont évoqué l’impossibilité de traduire cette œuvre, la difficulté de comprendre le roman de Pouchkine dans une autre langue. Selon eux, « Eugène Onéguine » serait un phénomène clos de la langue russe. Cela me paraissait étrange, car Pouchkine lui-même écrivait des poèmes et de la prose en français. Il utilisait des genres littéraires nés dans l’Antiquité, poursuivait et développait les traditions de la littérature européenne des XVIIIe et XIXe siècles. Bien sûr, il retravaillait ces formes avec virtuosité, les adaptant à sa strophe particulière. Le sens du rythme de Pouchkine, l’harmonie et la perfection formelle de ses œuvres m’ont profondément marqué. Je lisais « Eugène Onéguine » à voix haute pour mieux saisir la mélodie de la langue russe, et j’en étais enchanté. Les particularités phonétiques du russe m’aidaient à ressentir la musicalité unique du style de Pouchkine, et la juxtaposition des différents registres de langue dans le roman m’a parfois littéralement stupéfié.

Par ailleurs, l’histoire elle-même m’a intéressé. Une jeune fille de province, naïve et pure, tombe amoureuse d’un dandy blasé des salons de Saint-Pétersbourg, fascinée par son élégance vaine. Et elle reçoit d’Onéguine une sévère leçon. Puis tout change : Eugène perd la tête à son tour, ayant retrouvé Tatiana à Saint-Pétersbourg. Et elle, désormais femme mariée, refuse Onéguine, bien qu’elle ne cache pas éprouver toujours pour lui les sentiments les plus profonds. J’ai aimé cette histoire. J’ai trouvé passionnant d’observer comment une intrigue déjà rencontrée dans la littérature européenne revêtait sur le sol russe des couleurs inédites.

— Traduire Pouchkine, un risque. Mais ce n’est pas le seul poète russe que vous ayez traduit. Il y a eu aussi Pasternak, Tarkovski, Vysotski, Akhmatova… Pourquoi eux ?

— La question est trop vaste. Si vous le voulez bien, je vais me concentrer sur un seul poète : Arseni Tarkovski. Dans son œuvre, ce qui m’a attiré, c’est la manière lyrique dont il décrit la vie domestique, les objets simples, les phénomènes ordinaires à travers lesquels, derrière leur apparence familière, percent des significations profondes. Par exemple, Tarkovski a un poème, « Tant de feuilles amasses… » — est un joyau. Les feuilles y sont à la fois les bien habituelles « poumons de nos arbres », les « toits des oiseaux nichés », mais aussi le « socle du ciel d’été », l’« ocre et pourpre de l’espoir en la vie précieuse, en la discorde et la réconciliation ». Tarkovski, considérant les feuilles comme ses frères, leur demande de l’aide pour avancer dans la vie. C’est en observant un phénomène apparemment banal — comment les feuilles des arbres passent du vert au jaune pour finalement tomber — qu’il accède à la nécessité de s’unir à la nature.

Tarkovski a un autre poème — sur une vieille maison que ses habitants ont quittée. Dans ces vers, on ressent comme une douleur cosmique du fait que les personnes qui vivaient ici, qui fêtaient leurs anniversaires, se réjouissaient et s’attristaient, ne sont plus là. La mesure du temps, l’importance capitale du foyer et des simples objets domestiques qui ont accompagné les occupants, dans la joie et dans la peine, pendant tant d’années… La beauté du quotidien, avec ses perfections et ses imperfections… C’est d’une grande finesse.

Si la littérature russe du XIXe siècle montrait souvent comment le quotidien emprisonne l’homme, l’aspire, révélant la force délétère de la vie ordinaire, Tarkovski, lui, perçoit la poétique cachée dans la vie de tous les jours. Ce réalisme des objets humanisés m’a également paru proche. Par cette vision du monde, Arseni Alexandrovitch prolongeait les traditions, par exemple, de l’écrivain Mikhaïl Ossorguine, qui écrivit en 1927 la nouvelle « Les Choses de l’homme ». On peut également évoquer ici le recueil de nouvelles « La Valise » de Sergueï Dovlatov, où les objets sortis d’une vieille valise deviennent d’abord l’occasion d’évoquer des histoires de différentes personnes — femmes, enfants, hommes, vieux et jeunes —, puis s’humanisent à leur tour.

— Même la poésie féminine ne vous a pas fait reculer, bien que dans ce cas, vous ayez dû jouer le rôle de traducteur à deux niveaux : entre langues et cultures différentes, et entre l’univers féminin et masculin.

Rubén Darío Flórez Arcila, Alexandre Alimov
Rubén Darío Flórez Arcila récompensé par la médaille et le diplôme de la fondation «Russkyi mir» pour son action en faveur de la langue russe en Colombie. XVIe Assemblée de «Russkyi mir», novembre 2024. Photo: Andrei Semashko

— La littérature russe a des femmes poètes remarquables : Marina Tsvetaïeva, Bella Akhmadoulina. Mais celle qui m’est la plus proche, c’est Anna Akhmatova. Comme Tarkovski, elle a su, avec des mots extrêmement simples, transmettre l’univers complexe de son héroïne lyrique. Cette capacité à montrer la complexité à travers la simplicité m’intéresse, car je ne suis pas seulement traducteur, mais aussi écrivain — l’an dernier a paru mon roman « La Pièce byzantine ». J’aime observer comment les autres écrivains expriment les sentiments de leurs personnages, quels mots ils utilisent pour rendre leurs relations. Akhmatova possède l’art de restituer, sous une forme extrêmement simple, la dialectique complexe des sentiments : la jalousie, la nostalgie, la mélancolie, la joie d’une rencontre inattendue.

— Quel est, à votre avis, le point commun entre les littératures russe et latino-américaine, et ce qui les différencie ?

— Je peux vous dire ce qui me séduit dans la littérature russe. Elle est universellement reconnue comme un modèle d’analyse psychologique, de plongée dans les profondeurs du conflit intérieur de l’homme en proie à un choix moral. De l’homme qui, pour ainsi dire, s’est retrouvé au carrefour de son destin et dont l’acte seul peut répondre au dilemme.

La littérature russe, comme la littérature latino-américaine, me semble profondément poétique. La littérature doit envoûter par la clarté du mot, par des personnages éclatants. Comme, par exemple, les héros des nouvelles de Borges ou ceux du « Docteur Jivago » de Pasternak. Ce sont des gens ordinaires, placés dans des circonstances extraordinaires.

— Qu’enseignez-vous à vos étudiants à l’institut ? Qu’est-ce qui les intéresse le plus dans la culture russe ?

— Bogota, qui compte environ 9 millions d’habitants, est une ville à la culture très développée ; son centre historique est composé de quartiers d’immeubles et d’églises de style baroque et néoclassique. Notre Institut Léon Tolstoï se trouve dans l’un de ces quartiers, et beaucoup d’auditeurs venus d’autres pays d’Amérique latine viennent à Bogota pour s’imprégner de culture, y compris russe. Je leur parle de la signification civilisationnelle et culturelle de la langue et de la littérature russes, qui grandit à mesure que le monde devient multipolaire. Tandis que le poids historique de l’Europe occidentale, lui, n’a cessé de diminuer.

Les auditeurs viennent à nos conférences de leur plein gré, donc cela les touche. Mais l’intérêt des Colombiens pour la littérature russe se manifeste aussi ailleurs. Par exemple, ma traduction du recueil du poète daghestanais Rasul Gamzatov a été présentée l’année dernière à la Foire internationale du livre de Bogota, et une anthologie de la poésie russe contemporaine, également traduite par moi, a figuré au plus grand festival de littérature et de poésie de Medellín.

— Vous êtes venu en Russie pour la première fois il y a près de trente ans. Vous y êtes retourné plusieurs fois depuis. Vous avez donc vu notre pays à différentes étapes de son histoire. Quelles sont vos impressions ?

— À la fin des années 1980, quand j’étudiais à l’Université de l’Amitié des Peuples à Moscou, j’ai participé au sein d’un détachement étudiant à la construction de la ligne ferroviaire Baïkal-Amour (la BAM). Nous sommes partis de Moscou, le train a roulé un jour, deux jours, trois jours — c’était un très long voyage jusqu’à 
Oust-Kout, un endroit très isolé. En revanche, j’ai pu voir la beauté extraordinaire de la Sibérie, et ces paysages russes infinis m’ont fait une impression inoubliable. Ces voyages, ce travail avec d’autres étudiants m’ont aidé à mieux connaître votre pays.

Il me semble que ces détachements étudiants n’ont pas perdu de leur importance aujourd’hui, car il est essentiel pour un jeune de se sentir non seulement comme une personne à part entière, mais aussi comme participant à un grand projet collectif. C’est ainsi que se forge le caractère, que l’on mesure l’apport de sa modeste pierre à l’édifice commun. Cela se ressent particulièrement quand on compare avec l’Amérique latine d’aujourd’hui, où les gens, hélas, sont divisés. Et, pour revenir au début de notre conversation, je voudrais souligner ceci : la manière dont la langue russe décrit les paysages russes, les moyens d’expression qu’elle utilise, crée un attachement chaleureux et sincère à cette terre.

Je me suis retrouvé à Moscou de nouveau en 1996. C’était une époque de rupture et de chaos, l’URSS n’existait plus. Nous aussi, à Bogota, nous avons vécu douloureusement l’effondrement de l’Union soviétique. On ne savait pas ce qui allait se passer, si l’Institut de la culture russe de la capitale colombienne, traditionnellement soutenu par le gouvernement soviétique, allait survivre. À la fin des années 1980, je venais justement de rentrer de votre pays, j’étais devenu professeur de russe à l’Institut d’amitié avec l’Union soviétique, et trois ans plus tard, l’URSS s’est effondrée. Ce fut un coup dur pour nos convictions. Personnellement, j’ai vécu les changements survenus dans votre pays avec une grande douleur. C’était un sentiment de désarroi, de désillusion, de désespoir — comment continuer à vivre ? Notre institut a tenu une réunion d’urgence où une seule question a été débattue : allait-on le fermer, ou Dieu et la littérature nous aideraient-ils ?

Vous savez, d’une certaine manière, le prince Mychkine et Don Quichotte de la Manche sont proches par l’esprit. La Russie est la patrie littéraire de « L’Idiot », ce chef-d’œuvre de Dostoïevski. Et les lecteurs et écrivains hispanophones sont tous issus de « Don Quichotte » de Cervantès. Nous sommes donc, dans un certain sens, des idéalistes nous aussi. C’est pourquoi, lors de cette réunion, nous avons décidé que nous ne fermerions l’institut sous aucun prétexte — la littérature russe nous sauverait. Et effectivement, l’Institut de la culture russe Léon Tolstoï fonctionne toujours. Nous avions donc raison, non seulement d’un point de vue pratique, mais aussi métaphysique.

Les premières années du XXIe siècle ont été difficiles pour nous, car les nouvelles relations de marché dans votre pays ont aussi touché le domaine culturel. À l’époque soviétique, l’institut bénéficiait du soutien de l’URSS, notamment pour la formation des enseignants. Et à Bogota, les étudiants de notre institut étaient très bien perçus, parce que l’Union soviétique leur réservait dix places financées dans ses universités. C’était, du point de vue de la politique culturelle, une excellente vitrine pour l’enseignement du russe. Mais après la disparition de l’URSS, nous avons perdu ce privilège, et sans le soutien de l’État russe, notre institut a eu du mal à survivre. L’Institut de la culture russe Léon Tolstoï est connu à Bogota, tout le monde le considère comme la Maison de la culture russe. Il a été fondé en 1944 par des Colombiens qui ont ainsi exprimé leur admiration, leur respect et leur amour pour le pays qui avait vaincu le fascisme. Et, malgré toutes les difficultés liées au changement d’époque, nous continuons à travailler aujourd’hui. Quant à la deuxième partie de votre question, je peux dire l’évidence : en ce nouveau siècle, la Russie a retrouvé le rôle important qui est le sien dans le monde. Je ne suis ni politologue ni historien, mais il me semble que le moment est venu de rappeler l’immense rôle historique que la Russie a joué aux XIXe et XXe siècles. Votre pays est, sans conteste, une autorité reconnue dans le domaine culturel. Par ailleurs, nous assistons, sous les yeux du monde entier, au déclin de la civilisation occidentale. C’est pourquoi, me semble-t-il, le XXIe siècle sera celui de la Russie, dans un monde nouveau, multipolaire.

Traduit par Catherine Tsareva

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